RÉPERTOIRE
CHRONOLOGIQUE DES SPECTACLES
À PARIS, 1673-1715 |
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1673-1680
1681-1690
1691-1700
1701-1715
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Codage des pièces
Pièces
jouées par les Comédiens Français (y compris Académie Royale de Musique)
Pièces jouées
par les Comédiens Italiens
(jusqu'en 1697)
Pièces jouées
par les comédiens forains
Pièces jouées à la foire, mais qui reprennent
une comédie italienne
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1681
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OEuvres lyriques et ballets
Le
Triomphe de l'amour.
Quinault et Benserade, mus. de Lully. Ballet en 20 entrées
(Saint Germain, 21 jan.).
Le
Ballet des muses.
Duc de Nevers, mus. de Lorenzani. Pastorale en 3 a., prologues
et intermèdes (Fontainebleau, avec la participation des
acteurs de la Comédie-Française et de la Comédie-Italienne,
sept.).
L'Impromptu. Ducs de Vivonne et de Nevers (Fontainebleau,.
sept.).
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Tragédie
Zaïde. La Chapelle (26 jan.).
Endimion (27 juil.).
Oreste. Le Clerc [et Boyer?] (27 août).
Hercule. La Thuillerie [Abeille?] (7 nov.).
Cléopâtre. La Chapelle (12 déc.).
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Comédie
La
Comète.
Fontenelle. 1 a. en prose et divertissement, mus. de Bertherand
(29 jan.). Paris, Claude Blageart, 1681.
La
Pierre philosophale.
T. Corneille et Donneau de Visé. 5 a., intermèdes
et divertissement, mus. de Charpentier. Théâtre
de Guénégaud. (23 fév.). Paris, Blageart,
1681 (livret).
Cette comédie à machines tentait d'exploiter l'intérêt
du public pour l'occultisme qui avait valu à La
Devineresse --- ou du moins les auteurs le pensaient-ils
--- son énorme succès. On y découvrait donc
le monde des Rose+Croix, l'un des rôles principaux étant
celui du fameux comte de Gabalis. L'échec manifeste (deux
représentations) prouva que la formule n'était
pas assurée.
L'Ane
de Lucien, ou le voyageur ridicule. Languichard. Troupe de tous les plaisirs, foire
Saint Germain, jeu de Paume du Dauphin (16 mars).
Ce spectacle éphémère
--- les Comédiens Français le firent fermer ---
présente déjà le polymorphisme bien particulier
à la foire, puisqu'il comprend une comédie jouée
à la fois par des acteurs et des marionnettes géantes,
des ballets, des chansons, des acrobaties et de la danse de corde,
ainsi qu'un âne savant, et «quantité de changemens
de théâtre et machines surprenantes».
Le
Laquais fille.
[La Fontaine]. 1 a. (30 avril).
Crispin
bel esprit. La
Thuillerie. 1 a. en vers (11 juil.). Paris, Ribou, 1682.
Arlequin
vendangeur (ou
Arlequin
et Scaramouche vendangeurs).
Comédie-Italienne (Déc.).
haut
1682
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OEuvres lyriques et ballets
Endymion. Desmarets (Jan. [?]).
Persée. Quinault, mus. de Lully (Versailles,
juin-juillet).
La
Sérénade.
Genest, mus. de Delalande et Lorenzani (Fontainebleau, nov.).
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Tragédie
Tarquin. Prado. (9 jan.).
Zélonide,
princesse de Sparte.
Genest (4 fév.).
Artaxerce. Boyer (22 nov.).
Téléphonte. La Chapelle (26 déc.).
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Comédie
Arlequin
Mercure galant.
Monsieur D*** [Fatouville]. 3 a. (22 jan.). Théâtre
Italien 1.
Scène des nouvelles. Mercure (Arlequin) vient apporter
les dernières nouvelles de l'Olympe et du reste du monde
à Jupiter. Celui-ci demande à Mercure d'intercéder
en sa faveur auprès de Rosalbe, dont il est amoureux.
Arlequin rabroue Pan, également épris de Rosalbe,
et délivre à cette dernière un compliment
burlesque qui n'obtient aucun succès (deuxième
scène). Après avoir annoncé la mort de Pluton
à sa femme Proserpine (troisième scène),
Arlequin se lance dans un Plaidoyer en faveur des petits plutons...
contre Proserpine, leur mère, parce que celle-ci ne
reconnaît pas le testament et veut déposséder
ses enfants.
Il ne reste de cette première pièce du recueil
de Ghérardi, que quatre «scènes françaises»
dont les trois premières comprennent encore de nombreux
passages en italien. La dernière scène, qui consiste
en un long plaidoyer dans les formes, truffé de références
techniques à la pratique du droit, contraste avec les
trois premières et correspond bien moins à la manière
de la commedia dell'arte qu'à la formation juridique
de l'auteur, avocat et conseiller à la cour des aides
de Rouen.
Le
Parisien. Champmeslé.
5 a. en vers (7 fév.). Paris, Ribou, 1683.
Arlequin
valet étourdi.
Comédie-Italienne ( Saint-Germain, 2 avril).
La
Maladie de Spezzafer.
Comédie-Italienne (Fontainebleau, 1e mai).
La
Matrone d'Ephèse, ou Arlequin Grapignan (Aussi
connue sous le titre Arlequin procureur). Monsieur D*** [Fatouville]. 3 a. (12
mai). Théâtre Italien 1.
D'une intrigue démarquant l'anecdote de la matrone d'Ephèse
qui donne son nom à la pièce, il ne nous reste
que trois scènes où Arlequin badine avec la veuve,
déguisé en fantôme. Le reste de la comédie
met en scène un procureur, Grapignan (Arlequin),
que l'on voit d'abord apprendre les ficelles du métier
d'un de ses aînés, Coquinière, puis
recevoir dans son étude une suite de personnages: un voleur
de grand chemin, dont il promet d'arranger le procès en
échange d'une somme supérieure à celle qu'il
a volée; Maraudin, un sergent marron qui a commis une
erreur dans la rédaction d'un faux en écriture;
le marquis de Grimouche, qui rechigne à payer les honoraires
de l'avocat, un chapelier et un pâtissier en chicane l'un
contre l'autre, à qui Grapignan propose successivement
ses services, et une riche et vieille femme impliquée
dans un procès interminable, à qui il propose le
mariage. Finalement, un bailli vient arrêter Grapignan
pour malversation, et l'emmène pour qu'il soit pendu.
Cette comédie illustre l'hybridité encore hésitante
de la comédie italo-française en cours de constitution,
puisqu'il n'y a pratiquement aucun rapport entre la partie italienne
disparue, qui reprend le thème littéraire éprouvé
de la matrone d'Ephèse, et la contribution de Fatouville
qui propose une satire mordante des milieux de la chicane.
Les Bouts-rimez. Saint-Glas. 1 a. en prose et en vers.
(25 mai) Paris, Trabouillet, 1682.
M. du Rimet, riche bourgeois qui se passionne pour la
mode des bouts-rimés, annonce qu'il donnera sa fille Angélique
en mariage, avec une prime de dix mille écus, à
celui qui composera le meilleur sonnet à partir d'un jeu
de rimes imposées par lui. Lysandre, amant d'Angélique,
se désespère de cette lubie car il ne possède
aucun talent de versificateur. Les candidats qui se bousculent
avec des sonnets dont la plupart sont ridicules appartiennent
à tous les milieux sociaux: on y trouve un cadet de Gascogne,
un marquis, mais aussi un cocher et même le valet de du
Rimet, Crispin, qui a mis les rimes au début des
vers. Du Rimet, ayant désigné le vainqueur, apprend
qu'il s'agit d'une femme --- la mère de Lysandre, qui
désigne son fils comme ayant-droit. Le maniaque consent
au mariage, à la seule condition que le contrat sera également
dressé en bouts-rimés.
Axée sur la fantaisie verbale, cette comédie qui
annonce Les Mots à la mode de Boursault
illustre bien l'emploi de la syntaxe itérative, le noeud
permettant seulement d'introduire une série de variations
sur le thème du sonnet ridicule.
Arlequin
tombé dans le puits.
Comédie-Italienne (Saint-Germain, 15 juin).
La
Rue Saint-Denis.
Champmeslé. 1 a. en prose (17 juin). Paris, Ribou, 1683.
Arlequin
juif, peintre et tailleur.
Comédie-Italienne (Saint-Germain, 24 juin).
Arlequin
cabaretier, Turc et capitaine espagnol. Comédie-Italienne (Saint-Germain, 30
juin).
Arlequin
lingère du Palais.
Monsieur D*** [Fatouville]. 3 a. (4 oct.). Théâtre
Italien 1.
La
Rapinière, ou L'Intéressé. Robbe. 5 a. en vers (4 déc.).
Publiée sous le pseudonyme anagrammatique de «M.
de Barquebois», Paris, Etienne Lucas, 1682.
haut
1683
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OEuvres lyriques et ballets
Phaëton. Quinault, mus. de Lully (Versailles,
6 jan.).
L'Amour
Berger. Marquis
de Lomagne, mus. de Delalande (Versailles, mars).
Les
Fontaines de Versailles.
Morel, mus. de Delalande (Versailles, avril).
Le
Concert d'Esculape.
Morel, mus. de Delalande (Versailles, mai).
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Tragédie
Virginie. Campistron (12 fév.).
Nitocris. [La Thuillerie]. (10 mars).
Marie
Stuart, reine d'Ecosse. Boursault (17 déc.).
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Comédie
Les
Deux Semblables.
Comédie-Italienne (Versailles, 12 jan.).
Le
Mariage d'Arlequin.
Comédie-Italienne (Versailles, 21 jan.).
Les
Joueurs. Champmeslé
[?] 5 a. (5 fév.).
Arlequin
plaque. Comédie-Italienne
(Versailles, 16 fév.).
Le
Lunatique. Comédie-Italienne
(Versailles, 23 fév.).
Le
Mercure Galant
(ou La
Comédie sans titre).
Boursault. 5 a. en vers (5 mars). Publiée sous le nom
de Raymond Poisson, Paris, Quillet et Guillain, 1983.
C'est la première «grande
comédie» de moeurs post-moliéresque. Le titre,
inspiré à la fois par Arlequin Mercure galant
et par celui de la gazette de Donneau de Visé (qui réussit
à le faire supprimer avant la première), montre
l'intérêt grandissant pour ce nouveau médium.
Selon la formule de la «comédie-revue», une
galerie de personnages pittoresques défile dans le bureau
du rédacteur. Vingt-neuf représentations d'affilée
font du Mercure Galant un grand succès, qui restera
au répertoire jusqu'au début du XXe siècle.
Le
Rendez-vous. [La
Fontaine?] 1 a. (7 mai).
La
Cassette. [Brécourt].
5 a. (19 juin).
Le
Divorce. [Champmeslé
?] 5 a. (10 sept.).
Arlequin
Prothée.
Monsieur D*** [Fatouville]. 3 a. (11 oct.). Théâtre
Italien 1.
Les
Nouvellistes de Lille.
Dancourt. 1 a. en vers. Lille, Louys Briques, 1683. (Lille,
oct.)
De passage à Lille, Oronte a rencontré Angélique
dont il est tombé amoureux; mais le père de celle-ci,
Argante, veut lui faire épouser un vieux et riche
négociant. Apprenant qu'Argante est excessivement friand
de nouvelles de l'étranger, Crispin, valet d'Oronte,
engage des hommes de main qui se font passer pour nouvellistes,
afin de détourner l'attention du vieil homme pendant que
son maître fait la cour à Angélique. On voit
défiler successivement La Forest, en Flamand volubile,
Champagne, s'exprimant dans un épais sabir suisse-allemand,
et La Montagne, qui délivre ses nouvelles en vers,
alors que Crispin lui-même campe un Gascon. Sur ces entrefaites,
un messager vient annoncer la mort du fiancé présomptif
d'Angélique; Oronte demande alors la main de la jeune
fille et l'obtient.
Dans cette pièce écrite par Dancourt avant ses
débuts à Paris, la «délocalisation»
de l'intrigue dans les marches du nord (la guerre de Hollande
était fraîche dans les mémoires) fait bon
ménage avec une formule déjà utilisé
par Boursault dans son récent Mercure Galant. Dancourt
y ajoute une palette d'accents régionaux et étrangers,
à l'effet comique garanti, et dont il se fera une sorte
de spécialité. On remarque en outre dès
cette première oeuvre la présence de Crispin, valet
«à l'Italienne » mais non pas italien, puisque
le masque avait été crée par Raymond Poisson.
haut
1684
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OEuvres lyriques et ballets
Amadis. Quinault, mus. de Lully (18 jan.).
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Tragédie
Pénélope. Genest (22 jan.).
Arminius. Campistron (19 fév.).
La
Mort d'Alexandre.
Louvart (26 mai).
Ajax. La Chapelle (27 déc.).
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Comédie
Le
Docteur extravagant.
[Beauregard? Leclerc?] (14 jan.).
La
Dame invisible, ou l'esprit follet. (aussi connue sous le titre L'Invisible).
Hauteroche. 5 a. en vers (22 fév.). Paris, Ribou, 1685.
Arlequin
empereur dans la lune.
Monsieur D*** [Fatouville]. 3 a. (5 mars). Théâtre
Italien 1.
Ragotin,
ou le roman comique.
La Fontaine [Champmeslé]. 5 a. en vers (12 avril). Publiée
sous le nom de La Fontaine, La Haye, Moetjens, 1701.
La
Mère ridicule.
[Montfort ?] 1 a. (8 mai).
Le
Cocher supposé.
Hauteroche. 1 a. en prose (9 avril). Paris, Ribou, 1685.
L'Amante
amant. Campistron.
5 a. en prose (2 août). OEuvres, Paris, Ribou, 1715.
Timon. Brécourt. 1 a. en vers (13
août). Rouen, Gruel, s.d.
Arlequin
Jason. Monsieur
D*** [Fatouville]. 3 a. (9 sept.). Théâtre Italien
1.
haut
1685
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OEuvres lyriques et ballets
Roland. Quinault, mus. de Lully (8 jan.).
Idylle
sur la paix. Racine,
mus. de Lully (Sceaux, 16 juil.).
Le
Temple de la paix.
Quinault, mus. de Lully. Ballet en 6 entrées (Fontainebleau,
20 oct.).
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Tragédie
Andronic. Campistron. (8 fév.)
Aristobule. (30 nov.)
Alcibiade. Campistron. (28 déc.)
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Comédie
L'Usurier. [T. Corneille et de Visé?]
5 a. en vers (13 fév.).
Arlequin
chevalier du soleil.
Monsieur D*** [Fatouville]. 3 a. (26 fév.). Théâtre
Italien 1.
Le
Rendez-Vous des Tuileries, ou le coquet trompé. Baron. 3 a. en prose, prologue et
divertissement, mus. de Charpentier (3 mars). Paris, Guillain,
1686.
Proloque: Au grand dépit de Mlle Beauval, Baron refuse
de jouer dans la pièce annoncée, qu'il a écrite,
ayant eu vent d'une cabale contre lui. Ses camarades parviennent
à lui faire changer d'avis, mais il propose d'arrêter
la représentation si des siffleurs se manifestent. Arrive
un marquis qui rapporte les critiques qu'on fait de Baron à
la cour, refuse de payer quatre Louis pour une loge, et prévient
qu'il va chahuter la pièce parce que l'auteur, contrairement
à ce qu'il avait promis, ne l'a pas lue chez une femme
de qualité des se amies. Comme les acteurs ne sont pas
prêts, on joue une «bergerie» pour faire patienter
le public.
La comtesse et la marquise émergent d'une
nuit blanche passée à la table de jeu en galante
compagnie. La servante du Laurier les avertit que leur
style de vie fait jaser et épuise leurs domestiques. La
comtesse, éprise de Dorante, ne lui a pas révélé
son amour, car celui-ci est sans le sou, alors que la marquise,
jeune veuve qui se laisse courtiser par le vicomte et
un maître de danse, dissimule sa propre passion
pour Eraste, dont la coquetterie et la jalousie surpassent
les siennes. Pour se venger d'Eraste, la marquise veut lui faire
croire qu'elle est elle-même fort volage. Lorsque Dorante
et Eraste se présentent, ils sont éconduits sans
ménagement par les deux amies, qui décident d'aller
enfin se coucher. Éraste explique à Dorante qu'il
courtise plusieurs femmes à la fois pour s'assurer au
moins un parti sortable.
Éraste projette de confondre la marquise lors d'un rendez-vous
galant aux Tuileries, sans savoir que ses propres mouvements
sont épiés par les espions de sa maîtresse.
Celle-ci envoie aux Tuileries ses domestiques Du Laurier et Dumont
pour appâter le jaloux. Le Maître de danse, venu
donner sa leçon, en profite pour faire des avances à
la marquise, provoquant l'ire du vicomte. La confusion s'accroît
lorsque arrivent deux extravagants, le chevalier et le
marquis, bientôt suivis par Mme Argante et
deux compagnons; tout ce beau monde s'en va jouer au lansquenet.
Dumont et du Laurier reviennent raconter leur mésaventure:
Eraste, lorsqu'ils les a vus, a menacé l'un et battu l'autre,
s'imaginant avoir surpris la marquise avec un soupirant. Accusant
la marquise, Eraste découvre qu'il s'agissait d'un coup
monté, et se voit signifier son congé définitif
par la marquise, qui offre alors sa main au vicomte; effrayé
par le machiavélisme de la veuve, ce dernier renonce à
l'épouser. Dorante scelle son union avec la comtesse,
et Dumont avec du Laurier.
Desservi par la maladresse de son écriture (qui ne s'améliora
guère par la suite), Baron fait néanmoins oeuvre
de précurseur dans cette comédie de moeurs qui
introduit nombre d'éléments qu'on retrouvera fréquemment
par la suite: femmes délurées qu'anime une passion
excessive du jeu, épouseur pragmatique qui entretient
plusieurs liaisons dans le seul espoir de faire un mariage avantageux,
veuve joyeuse qui jongle avec les prétendants, dénouement
doux-amer où la principale intrigue matrimoniale débouche
sur un échec. Tout en déplorant la faiblesse structurelle
de la pièce, les frères Parfaict ont bien discerné
«des caractères neufs au théâtre».
Le prologue offre plusieurs points d'intérêt, dont
l'évocation des problèmes de la représentation
(en particulier celui de l'attitude du public) et une double
métathéâtralité: non seulement on
y voit les acteurs de la Comédie-Française se préparer
à jouer la pièce de Baron, mais on y assiste à
une mini-pastorale en une scène. Dix représentations
constituèrent une performance très honorable pour
ce début dramaturgique de l'acteur.
Le Notaire
obligeant (ou Les Fonds perdus). Dancourt. 3 a. en prose (8 juin).
La Haye, Foulque, 1696.
Valére et Angelique s'aiment, mais ont pour
rivaux leurs parents respectifs, Oronte, père du
premier, et Mme Gérante, mère de la seconde.
Merlin, valet de Valère, et Lisette, suivante
d'Angélique, travaillent à persuader les vieux
amoureux d'abandonner leur fortune aux jeunes gens; aveuglé
par la passion, Oronte s'exécute sans tarder. Merlin soutire
ensuite deux mille écus à Mme Argante sous prétexte
de faire libérer Valère du Châtelet; il produit
ensuite une fausse lettre qui laisse croire à la vieille
dame que Valère a reçu une alléchante proposition
matrimoniale d'une marquise, et la convainc d'offrir tout son
argent au jeune homme pour s'assurer de son affection. Oronte
fait venir chez lui un notaire qui doit établir
son contrat de mariage, mais Merlin le fait recevoir par Le
Bègue, laquais dont le défaut de langue irrite
le magistrat. A la suite d'une violente altercation, ce dernier
s'en repart et Valère lui substitue un notaire à
sa solde, qui établit un contrat le liant à Angélique
ainsi qu'un autre au nom d'Oronte et de Mme Gérante. Mis
devant le fait accompli, Oronte et Mme Argante signent les contrats;
Merlin, de son côté, épousera Lisette.
Nouveau venu dans le personnel dramatique, le notaire (ou son
substitut, le tabellion, lorsque l'action est située dans
un village) va connaître une certaine popularité
dans la comédie fin de-règne, qui montre une prédilection
pour les gens de la chicane, officiers et fonctionnaires en tous
genres. Le notaire se signale bien sûr par le rôle
qu'il joue dans l'établissement du contrat qui précède
la célébration du mariage. Le mariage des domestiques
en parallèle avec celui de leurs maîtres se systématise
en proportion de l'importance qu'on prise les valets et les servantes,
bientôt concurrents des jeunes amoureux pour occuper le
devant de la scène.
Colombine
avocat pour et contre.
Monsieur D*** [Fatouville]. 3 a.(8 juin). Théâtre
Italien 1.
Au grand désespoir de son amant Cinthio, Isabelle,
fille du Docteur est résignée à épouser
le marquis Sbrufadelli (Arlequin) à qui son père
la destine; celui, ayant hérité d'un oncle richissime,
veut se dédire de sa promesse de mariage à Colombine.
Pasquariel, déguisé en Espagnol, raconte
à Arlequin le désespoir de Colombine, dont selon
lui tout Venise parle. Cette dernière, également
déguisée en Espagnole, vient parler à Arlequin
avant de se démasquer et de maudire son fiancé
volage, qui croit voir vu un fantôme. Cinthio de son côté,
tente en vain de soudoyer Scaramouche pour communiquer
avec Isabelle, qui tente de dissuader son père de conclure
le mariage. Arlequin se fait valoir auprès d'Isabelle
en lui parlant de sa familiarité avec la cour, et de sa
charge de colonel nouvellement acquise. Lorsque Colombine travestie
vient se présenter à Isabelle pour solliciter un
emploi de chambrière, Arlequin, séduit, tente de
la débaucher et lui promet de l'installer chez lui comme
maîtresse --- de nouveau, elle se dévoile et maudit
Arlequin, terrorisé.
Cherchant à acheter une esclave mauresque, Arlequin se
laisse entraîner dans un faux cabaret, où il tombe
sur Colombine déguisée en Gascon, qui l'effraye
à nouveau en révélant son identité.
Plus tard, Colombine se grime en Mauresque, mais Arlequin refuse
de payer la somme qu'on lui demande. Arrive Cinthio qui provoque
Arlequin en duel; Colombine intervient pour les séparer,
et une fois de plus elle révèle son identité
à Arlequin en le maudissant. De retour chez lui, celui-ci
est mystifié par Pasquariel déguisé en peintre
et censément venu pour finir son portrait. Grâce
à un trucage, l'image de Colombine apparaît lorsque
Arlequin regarde le portrait, et le maudit. Lorsque le docteur
et Cinthio projettent de faire condamner Arlequin pour dédit,
Pasquariel s'inquiète et va avertir ce dernier, en lui
proposant l'aide d'un docteur, qui se trouve être Colombine.
Traqué par le docteur et une troupe d'archers, Arlequin
se cache dans les jupes de Scaramouche costumé en femme,
mais il est rapidement arrêté et promis au gibet.
Du coup, Colombine se désespère de la tournure
des événements et décide de sauver son amant
ingrat. Après avoir d'abord accusé Arlequin d'infamie
auprès du tribunal, ce qui amène un verdict immédiat
de pendaison, elle revient au prétoire habillée
en avocat et plaide avec passion la cause inverse, obtenant la
relaxe de son amant. Impressionné, celui-ci affirme qu'il
épouserait ce remarquable avocat s'il était fille;
Colombine se démasque et le mariage est conclu.
La scène de l'audience qui donne son nom à la pièce
--- véritable «marque de fabrique» de Fatouville
--- occupe à peine un huitième de cette comédie
à tiroir, écrite en quatre langues avec des scènes
entières en italien et en espagnol, et prétexte
à toutes sortes de déguisements. Scaramouche y
plaçait son célébrissime «lazzi de
l'épouvante» (II, 7), «où il faisait
pâmer de rire pendant un gros quart d'heure (...) où
il ne proférait pas un seul mot».
Les
Enlèvements.
Baron. 1 a. en prose. (6 juil.) Paris, Guillain, 1686.
Guillaume, fermier de M. de la Davoisière,
gère si bien le domaine qu'il a fini par accumuler une
petite fortune qui fait de sa fille Babet l'un des plus
beaux partis de la région, même s'il répugne
à la marier hors de sa condition. Le domestique Pellegrin,
à qui Guillaume a refusé la main de Babet, projette
d'enlever la jeune fille. Le comte, fils de M de la Davoisière,
qui doit épouser Léonor, fille de M.
de la Sozière, est également épris de
Babet; Pellegrin lui conseille l'enlèvement, dont il espère
bien profiter lui-même. Il se propose ensuite d'aider Léonor
à finaliser son mariage avec le comte, puis laisse croire
au paysan Pierrot que c'est lui qu'aime Babet, en lui
signifiant qu'elle veut le retrouver le soir même. Finalement,
il fixe le même rendez-vous à Vincent, neveu
du curé et autre soupirant de l'héritière.
Il informe ensuite Guillaume du projet d'enlèvement, et
le conduit à l'endroit convenu, où le père
furieux rosse de coups le pauvre Vincent, et malmène Pierrot
travesti qu'il prend pour Babet. M. de la Sozière est
surpris d'apprendre que son fils a enlevé Léonor,
sa promise. Guillaume découvre alors que Babet a également
été enlevée --- par le chevalier, autre
fils de fils de M. de la Davoisière. Léonor réapparait
et révèle qu'elle s'est déguisée
en paysanne pour se faire enlever par le comte, qui l'avait d'abord
prise pour Babet, et qui a finalement décidé de
l'épouser. M. de la Davoisière, satisfait de la
tournure des événements, suggère à
Guillaume d'accepter le fait accompli.
Enlèvements, chassé-croisés, déguisements,
quiproquos à la faveur de l'obscurité: cette comédie
utilise des ingrédients sans surprises. Notons toutefois
le cadre villageois, appelé à connaître une
vogue grandissante, et qui permet de faire se cotoyer de façon
plausible diverses conditions en créant ainsi des tensions
intéressantes (à comparer à La Coquette
de Village de Dufresny, 1715). Le pouvoir égalisateur
de l'argent, manifeste dans la promotion d'une Babet au rang
de premier parti de la contrée, crée en effet une
situation insolite, puisque la jeune femme a pour prétendants
cinq individus issus de couches sociales bien différenciées.
Les scrupules initiaux de Guillaume (échos de George
Dandin?) pourraient laisser croire qu'il ne donnera pas forcément
sa fille à celui qui est le plus haut placé sur
l'échelle sociale. En fait, l'irruption du chevalier dans
le stratagème compliqué mis en place par Pellegrin
«clarifie» la situation: Babet et sa dot valent bien
un titre. L'auteur, d'une certaine manière, nous indique
qu'il ne pouvait en être autrement, comme si le mécanisme
symbiotique de la promotion sociale et du renflouement financier
dépassait la volonté des individus: c'est le sens
du conseil final de M. de la Davoisière à Guillaume.
Le
Florentin. [La
Fontaine] Champmeslé. 1 a. en vers (23 juil.). Publiée
sous le nom de La Fontaine, La Haye, Moetjens, 1701.
Angélique
et Médor.
Dancourt. 1 a. en prose et divertissement, mus. de Charpentier
(1e août). Bruxelles, Foppens, 1698.
Isabelle, amante d'Eraste, a été
fiancée par sa mère, Mme Bélise,
au riche bourgeois Guillemin qui, sachant que la jeune
fille adore l'opéra, imagine de former une troupe pour
la divertir. Sa suivante Lisette introduit alors dans
le logis Eraste et son Valet Merlin, qui se font passer
l'un pour chanteur, et l'autre pour compositeur. Impressionné
par les rodomontades de Merlin, M. Guillemin le charge d'organiser
la troupe et de préparer un spectacle. Lors de la représentation,
Eraste chante en duo avec Isabelle un aria à la fin duquel
les personnages sont censés sortir de scène; les
deux héros s'échappent ainsi sans éveiller
les soupçons. Lorsque leur fuite est découverte,
M. Guillemin, furieux d'avoir été dupé,
s'en va pour ne plus revenir; Eraste reparait alors et offre
d'épouser Isabelle en toute légalité, ce
à quoi Mme Bélise consent par crainte du scandale.
Cette comédie inaugure un procédé que Dancourt
lui-même et ses confrères reprendront fréquemment
par la suite, l'emprunt à l'opéra, genre concurrent
d'une extrême popularité. Il ne s'agit pas exactement
encore de parodie (contrairement à ce qu'indiquent les
Parfaict), mais d'emprunts, à Roland, joué
la même année, mais aussi à Atys (1673),
Alceste (1676), et Amadis (1674) de Quinault et
Lully. Outre ces «citations», Dancourt émaille
sa pièce de commentaires et de discussions sur l'opéra,
témoignant par là de l'intérêt que
celui-ci pouvait alors soulever. Quatorze représentations
en font un très honnête succès, le premier
de Dancourt.
L'Héroïne. 1 a. (10 sept.)
Isabelle
médecin.
Monsieur D*** [Fatouville]. 3 a. (10 sept.). Théâtre
Italien 1.
Les
Amours de Vénus et d'Adonis. Donneau de Visé, mus. de Charpentier
(23 sept.).
La
Femme têtue, ou Le Médecin hollandais. [Robbe?] 1 a. en vers (9 oct.). Paris,
de Luyne, 1686.
L'Opérateur. 1 a. (24 oct.).
Les
Façons du temps
(ou Les
Moeurs du temps).
[Sainctyon]. 5 a. en prose (13 déc.). Publiée sous
le nom de Palaprat, La Haye, Van Ellinckhuysen, 1696.
Peuplée de personnages cyniques, et antipathiques, cette
satire de moeurs pourrait servir de manifeste à la «génération
cynique». On en retrouve les éléments dans
nombres de pièces ulterieures, en particulier celles de
Dancourt, avec qui Sainctyon collabora directement à deux
reprises.
haut
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1686
______________________________________________________________________________
OEuvres lyriques et ballets
Ballet
de la jeunesse.
Dancourt, mus. de Delalande. Opéra-ballet en 3 a. et trois
intermèdes (Versailles, 28 jan.). [balletdelajeunesse.htm]
Armide.
Quinault, mus. de Lully (25 fév.).
Acis
et Galatée.
Campistron, mus. de Lully. Pastorale héroïque (Anet,
6 sept.).
Alphée
et Aréthuse.
Boësset (Fontainebleau, oct.).
______________________________________________________________________________
Tragédie
Antigone. Pader d'Assézan [et Boyer]
(14 mars).
Phraate. Campistron (26 déc.).
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Comédie
Le
Baron des Fondrières.
T. Corneille. 5 a. (14 jan.).
L'Homme
à bonne fortune.
Baron. 5 a. en prose (30 jan.). Paris, Guillain, 1686.
Eraste aime Lucinde, jeune veuve qui est éprise
de Moncade; sa soeur Léonor et la servante
Marton se proposent de l'aider. Le beau Moncade est courtisé
par de nombreuses femmes qui le couvrent de cadeaux; il redistribue
ceux-ci aux unes et aux autres en gage de son affection. Il se
déclare néanmoins amoureux de Léonor, et
n'accepte ni les scrupules de son valet Pasquin, ni les
remontrances de Marton.
Venues voir Moncade, Araminte et Cidalise s'apperçoivent
qu'elles portent chacune un bijou que l'autre avait offert au
séducteur. Araminte révèle à Lucinde
la duplicité de Moncade, et lui montre pour preuve un
billet qu'elle avait reçu de celui-ci. Lorsque Lucinde
confronte Moncade, le jeune homme arrive à lui faire croire
que c'est à elle que le poulet était destiné.
Léonor, avertie de l'affaire, accuse à son tour
Moncade, qui lui explique que sa relation avec Lucinde a été
arrangée par son père pour des questions d'argent,
et parvient à la convaincre que c'est bien elle qu'il
aime. Il persuade ensuite Lucinde qu'il a feint d'aimer Léonor
pour faire cesser ses commérages, ce qui fait échouer
la manoeuvre de Léonor pour tenter de désabuser
son amie.
Par ailleurs, Moncade avoue à Eraste qu'il aime sa soeur
mais qu'il n'a aucune intention de l'épouser. Lucinde
et Marton tendent alors un piège à Moncade en lui
faisant croire qu'une femme de qualité lui donne un rendez-vous
où il doit venir les yeux bandés. Celui-ci s'exécute
et, alors qu'il a les yeux bandés, croyant être
certain de l'indentité de la mystérieuse coquette,
proteste de son amour pour une certaine Julie, et médit
de toutes ses amantes --- qui assistent à la scène.
Démasqué (à tous les sens du terme), il
se voit abandonné par toutes. Finalement, Eraste épousera
Lucinde.
Cette oeuvre ambitieuse, à la fois comédie de caractère
et de moeurs, représente le sommet de la carrière
dramaturgique de Baron, ainsi que son plus gros succès,
avec 35 représentations d'affilée. La part d'auteur
(2675 francs et 4 sous) en fait aussi la pièce nouvelle
la plus lucrative de la première décénie
de la Comédie-Française. En dépit de ce
franc succès, (ou peut-être à cause de lui),
cette comédie a donné matière à la
critique de La Bruyère contre la mise en scène
d'un personnage d'efféminé au nom du naturel. (Les
Caractères, «Des ouvrages de l'esprit»,
¶ 52.)
Merlin
dragon. Desmarres.
1 a. en prose (26 avril). La Haye, Foulque, 1696.
M. de la Serre, dont le fils Philandre devait épouser
la fille de M. Oronte, Isabelle, se décide
à la prendre lui-même pour femme. D'abord hésitant,
Oronte accepte à condition que la Serre s'engage à
verser un dédit de vingt mille francs, et à laisser
la moitié de sa fortune à sa fille s'il venait
à mourir. Philandre, désespéré de
la tournure des événements, accepte l'aide que
lui propose Merlin, valet intrigant d'un des ses amis.
Ayant appris que le fils d'Oronte est capitaine de dragons, Merlin
usurpe son identité et, entraînant avec lui quelques
militaires de la compagnie où sert son cousin, s'introduit
chez la Serre et, sous prétexte de le féliciter
de son prochain mariage, se mettent à piller sa maison
et à semer la terreur dans sa ferme. Pour se débarasser
des soudards, la Serre se voit forcé de renoncer à
son projet matrimonial.
Le thème de la dragonnade était alors tristement
d'actualité à la suite de la révocation
de l'Edit de Nantes et de l'intensification des persécutions
contre les huguenots. L'intrusion des soldats dans une maisonnée
constituait un fléau contre lequel le particulier était
impuissant, d'où un humour assez inquiétant, comme
d'ailleurs le personnage de Merlin, dont c'est la première
apparition comme rôle-titre. La recette eut en tous cas
un succès considérable, puisque la pièce
fut jouée vingt-trois fois.
Le
Brutal de sang-froid.
1 a. (3 mai).
Le
Niais de Sologne.
Raisin l'aîné. 1 a. en prose (3 juin).
Le
Feint Polonais
(ou La Veuve impertinente). Hauteroche. 3 a. en prose
(5 juil.). Lyon, Plaignard, 1686.
Renaud
et Armide. Dancourt.
1 a. en vers (31 juil.). Paris, Guillain, 1697.
Angélique, amante de Clitandre, a été
fiancée par son père, M. Grognac, à
un robin, M. Filassier. Mme Jacquinet, soeur de
M. Grognac, compatit avec sa nièce; elle-même, bien
que veuve, fréquente un jeune homme qu'elle retrouve à
l'opéra, où ils aiment à se prendre pour
les amants romanesques Renaud et Armide. En fait, ce soupirant
n'est autre que Clitandre, qui cherche à lui soutirer
de l'argent pour s'acheter une compagnie de dragons. Les affaires
des jeunes gens, d'abord mal engagées, sont arrangées
à la suite d'une mise en scène imaginée
par leurs domestiques, L'Olive et Lisette. Clitandre
se fait passer pour fou, censément des suites d'un engouement
trop fort pour l'opéra. L'Olive et Lisette expliquent
à M. Grognac que le jeune homme doit épouser Angélique
tout de suite pour éviter que le mal empire; le vieillard
donne son accord malgré la colère de sa soeur.
Lisette et l'Olive décident de s'unir également.
Les
Nouvellistes. 1
a. (16 oct.).
L'Homme
de guerre. 5 a.
(6 déc.).
La
Coquette, et la fausse prude.
Baron. 5 a. en prose (28 déc.). Paris, Guillain, 1687.
Cidalise, jeune veuve qui se laisse courtiser par Eraste
sans songer au mariage, réside chez son oncle Damis,
qui lui reproche son inconduite. Elle est néanmoins soutenue
par Marton, sa suivante, qui lui conseille d'ignorer les
remontrances de Damis, et de ne pas éconduire deux autres
prétendants, l'avocat Durcet et l'homme d'affaires
Basset. En réalité, c'est la tante de Cidalise,
Céphise, elle-même amoureuse d'Eraste, qui
pousse Damis à harceler sa nièce. Celle-ci repousse
Durcet tout en le ménageant, car il mène un procès
qu'elle a en cours; de même, elle laisse des espoirs à
Basset parce qu'il lui a avancé de l'argent.
Alors que, fâchée contre Eraste, elle demande à
Marton de lui rendre la bague et le portrait qu'il lui avait
donnés et de lui signifier sa disgrâce, Pasquin,
valet d'Eraste vient déliver une lettre de rupture. Arrive
ensuite Eraste qui, en dépit d'emphatiques propestations
d'indifférence, fait tout ce qu'il peut pour voir Cidalise,
y compris soudoyer Marton.
Lucille, qui se désespère de ne pas pouvoir
épouser son amant le comte, révèle à
sa cousine Cidalise les critiques dont Céphise accable
celle-ci à son insu. Pasquin vient annoncer le départ
d'Eraste --- ne supportant plus de vivre dans la même ville
que son ex-maîtresse ---, mais Cidalise et Marton se moquent
de sa pathétique lettre d'adieu.
Sur ces entrefaites survient le comte, puis Eraste qui,
furieux d'avoir été ridiculisé, maudit Cidalise
et insulte le comte qu'il croit être son rival.
Alors qu'on annonce le retour de Damis, Cidalise, sur les conseils
de Marton, fait croire à sa tante que c'est elle qu'aime
Eraste, ceci afin de l'amadouer pour qu'elle soutienne sa cause
auprès de son mari. Celle-ci semble d'abord se prêter
au jeu, mais accuse sa nièce de dévoiement et supplie
Damis de la renvoyer chez son père. Dans l'intervalle,
Eraste et Cidalise finissent par se réconcillier.
Durcet et Basset, se rencontrant fortuitement chez Cidalise,
s'insultent mutuellement et demandent à la jeune femme
d'arbitrer leur différend: celle-ci leur avoue alors qu'elle
n'aime ni l'un ni l'autre. De son côté Eraste découvre
que c'est de Lucille que le comte est amoureux, et non de Cidalise.
Cidalise apprenant que Céphise et Damis projettent de
la renvoyer chez son père, se prépare à
fêter son départ par une nuit de débauche.
Cependant, lorsqu'elle découvre un billet doux que sa
tante avait envoyé à Eraste, elle se sert de cette
pièce compromettante pour confondre Céphise en
présence de Damis. Il ne subsiste aucun obstacle à
l'union de Cidalise et Eraste, alors que Pasquin, qui voulait
épouser Marton, se voit durement rejeté.
Certes, l'intrigue de cette pièce laisse beaucoup à
désirer, ce que souligne un dénouement particulièrement
bâclé, amené par l'énorme ficelle
du billet, et qui se conclut par un échange abrupt entre
les deux domestiques (Pasquin --- Et moi, Marton? Marton
--- Ote-toi de là, ivrogne). Baron, s'il avait le
sens de la scène, avait beaucoup moins celui de l'écriture.
Toutefois, l'intérêt de la pièce réside
dans ce personnage de veuve délurée et cynique,
sorte de chaînon manquant entre Célimène
(que rappelle le nom de Cidalise) et la Mme Patin du Chevalier
à la mode, qui sera créé l'année
suivante. Si en effet elle jongle avec les prétendants
et joue avec les sentiments d'Eraste, Cidalise reste soumise
à une tutelle sur laquelle repose l'intrigue: il lui faut
le consentement de son père et de son oncle pour épouser
Eraste, alors que Mme Patin, tout en devant subir les conseils
insistants de son beau-frère Serrefort, sera libre
de son choix.
haut
1687
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OEuvres lyriques et ballets
Achille
et Polyxène.
Campistron, mus. de Lully, achevée par Colasse (7 nov.).
Le
Canal de Versailles.
Philidor l'Aîné. Divertissement (Versailles, 16
juil.).
Les
Bergers de Marly.
Moreau. Divertissement (Marly, sept.).
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Tragédie
Géta. Péchantré (29 jan.).
Varron. Du Puy (14 nov.).
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Comédie
Le
Banqueroutier.
Monsieur D*** [Fatouville]. 3 a. (19 avril). Théâtre
Italien 1.
Le
Rival de son maître.
5 a. (25 avril).
Le
Badaut. 1 a. (10
mai).
Le
Petit-Homme de la foire.
Raisin l'aîné. 1 a. (20 mai).
Merlin
peintre. La Thuillerie
[et Abeille?]. 1 a. (20 juil.).
La
Désolation des joueuses. Dancourt. 1 a. en prose (23 août). Paris,
Guérout, 1688.
Angélique aime Dorante, jeune homme de bonne
famille qui doit hériter d'un riche oncle à l'agonie;
mais la mère de la jeune fille, Dorimène,
est une joueuse acharnée et veut la marier au chevalier
de Bellemonte, professionnel des jeux de cartes, dont elle
espère qu'il fera rapidement fortune. Alors que l'interdiction
du lansquenet bouleverse le salon de Dorimène, le chevalier
s'avère n'être que fils de barbier et tricheur de
bas étage; il est démasqué par Merlin,
valet de Dorante et ex-escroc lui-même, dont il avait autrefois
été l'associé. Dorimène, dépitée,
accepte de donner Angélique en mariage à Dorante.
Cette «pochade presque dépourvue d'intrigue»
(Blanc) est en fait une comédie à tableaux sur
l'univers du jeu parisien, thème récurrent dans
la comédie de l'époque, mais plus particulièrement
d'actualité en raison d'un récent arrêt du
conseil d'Etat du 18 juillet réitérant l'interdiction
de la bassette, du lansquenet et autres jeux d'argent. Soucieux
d'exploiter la situation, Dancourt interrompit son travail sur
le Chevalier à la mode pour écrire et monter
cette pièce, un mois à peine après l'événement,
et avec une réussite certaine (quatorze représentations).
Le
Chevalier à la mode.
Dancourt et Sainctyon. 5 a. en prose (24 oct.). Paris, Guérout,
1687.
Mme Patin, riche veuve d'un financier, doit épouser
un rapporteur, M. Migaud, alors que sa nièce est
promise au fils de celui-ci. Mortifiée par un incident
où elle a dû céder le passage dans un carrefour
à une marquise en piteux équipage, elle décide
de changer ses projets et de s'unir au chevalier de Villefontaine,
jeune oisif qui vit de ses charmes. Courtisé par de nombreuses
femmes d'âge mûr qui le comblent de cadeaux, le chevalier
leur promet le mariage à toutes sans jamais s'exécuter;
en fait, il aime une jeune bourgeoise qu'il a rencontrée
aux Tuileries.
Mme Patin doit faire face aux critiques de M. Migaud et de son
beau-frère M. Serrefort, qui tentent en vain de
lui démontrer l'inconscience dont elle fait preuve, et
qu'elle éconduit brutalement. Une de ses amies, la
baronne, vient lui rendre visite et trouve chez elle le Chevalier,
dont elle est l'une des soupirantes. Celui-ci évite de
justesse une confrontation avec les deux femmes et part brusquement,
laissant à Mme Patin un poème galant auquel son
valet Merlin a attaché par inadvertance une liste
de ses conquêtes; le séducteur doit user de toute
sa force de persuasion pour convaincre Mme Patin qu'il s'agit
d'une liste inventée par Merlin.
Lucille, nièce de la veuve, vient chercher assistance
chez sa tante, car elle est harcelée par son père
qui a découvert sa liaison avec un jeune homme noble,
Des Guérets. Pour ennuyer son beau-frère Serrefort,
Mme Patin décide d'aider Lucille et lui offre sa protection.
Alors que celle-ci lit un poème que son amant lui a donné,
la baronne fait son entrée et reconnait immédiatement
les vers du chevalier; Mme Patin se rend compte que le séducteur
lui a également donné le même poème
et, dépitée, décide d'épouser M.
Migaud. Le chevalier réapparait et réussit une
fois encore à persuader la veuve de son innocence; leur
mariage est fixé au lendemain matin.
La servante de Mme Patin, Lisette, informe M. Serrefort, M. Migaud
et la baronne de ce qui se prépare, et cette dernière
fait une entrée fracassante chez la veuve, qu'elle provoque
en duel; c'est à grand peine que le cocher réussit
à la mettre dehors. Arrive alors Lucille, que son père
a battue après l'avoir trouvée dans les bras de
son soupirant; Mme Patin lui propose de faciliter leur fuite,
mais le chevalier arrive et Lucille reconnait en lui son amant.
Définitivement dégoûtée, Mme Patin
accepte enfin d'épouser M. Migaud, à condition
que le fils de celui-ci soit marié à Lucille. De
son côté, le chevalier se console de sa déconvenue
en ravivant l'espoir de la baronne, dans l'attente qu'un meilleur
parti se présente.
La plus complexe --- sans doute grâce à l'apport
de Sainctyon --- des pièces de Dancourt met en scène
deux types essentiels de la comédie post-moliéresque:
la riche veuve, indépendante de caractère et (relativement)
libre de ses actes, et le petit-maître, jeune gigolo de
petite noblesse, amoral et jouisseur. Le dénouement est
représentatif du ton désabusé de cette comédie
dont on ne peut dire qu'elle se termine bien pour aucun des personnages:
l'héroïne se résoud au genre de mariage rassis
qui lui faisait horreur, entraînant sa nièce dans
le marché, alors que le chevalier ne semble pas trop se
soucier de ses multiples échecs et continue simplement
de poursuivre d'autres aventures. On comprend que de telles oeuvres
aient contribué à la réputation de cynisme
attachée à l'époque fin de règne.
Jouée vingt-trois fois d'affilée, restée
au répertoire jusqu'au milieu du XIXe siècle (370
représentations en 1854), elle a été reprise
jusqu'en 1950, et a fait l'objet de deux éditions critiques.
Le
Voleur, ou Titapapouf.
Mlle de Longchamps. 1 a. (4 nov.).
Le
Jaloux. Baron.
5 a. en vers. (17 déc.). Théâtre de M.
Baron, Paris, Ribou, 1736.
La
Cause des femmes.
Monchesnay. 3 a. (26 déc.). Théâtre Italien
2.
Arlequin
grand vizir. Comédie-Italienne.
haut
1688
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OEuvres lyriques et ballets
Le Mariage de la couture avec la grosse Cathos et La
Princesse de Crête. Philidor l'aîné. Divertissements
(Versailles, fév.).
David et Jonathas. Bretonneau, mus. de Charpentier (College
Louis-le-Grand, 23 fév.).
Flore et Zéphire. Du Boulay, mus. de Louis et Jean-Louis
Lully (22 mars).
Orontée. Le Clerc, mus. de Lorenzani et Jean-Louis
Lully (Chantilly, 23 août).
______________________________________________________________________________
Tragédie
Régulus. Pradon (4 jan.).
Annibal. Riuperous. (5 nov.).
Coriolan (28 nov.).
Phocion. Campistron (16 déc.).
______________________________________________________________________________
Comédie
La Critique
de La Cause des femmes. Monchesnay. 1 a.(14 fév.).
Théâtre Italien 2.
Le
Divorce. Regnard.
Prologue et 3 a. (17 mars). Théâtre Italien
2.
Isabelle, fille coquette et dépensière,
voudrait bien être séparée du vieux bourgeois
Sotinet, qu'elle a épousé pour son argent
mais qui tarde à mourir. Afin de faciliter l'entreprise,
son frère Aurélio fait appel à Mezzetin,
valet de Sotinet, qui lui apprend que l'affaire pourrait très
bien s'arranger, moyennant paiement. Le cas se juge en un procès
grotesque où Arlequin plaide contre Colombine,
qui obtient que la dot d'Isabelle lui soit restituée,
qu'elle reçoive une pension, et que Sotinet soit interné
dans un asile d'aliénés. Finalement, Arlequin et
Colombine décident de se marier à l'essai pour
un an.
Pour sa premiere collaboration avec les Italiens, Regnard cherche
sa voie entre Molière la commedia dell'arte, quoique
le procès qui aboutit au divorce offre l'une de ces fictions
juridiques propres à la comédie fin-de-règne.
Le
Faux Gascon. Raisin
l'aîné. 1 a. (28 mai).
La
Coupe enchantée.
[Champmeslé] La Fontaine. 1 a. en prose (16 juil.). Paris,
Ribou, 1710.
L'Epreuve
dangereuse. 5 a.
(4 août).
La
Maison de campagne.
Dancourt. 1 a. en prose (27 août). Paris, Vve Gontier,
1691.
M. Bernard, magistrat parisien, a acheté une maison
de campagne à l'insistance de sa femme, Mme Bernard,
qui s'empresse d'y inviter des personnes de qualité dont
elle veut s'attirer les bonnes grâces: un abbé de
cour, un marquis gascon et deux dames de la bonne société.
A ceux-ci viennent bientôt s'ajouter un baron que s'est
permis d'inviter le marquis, un neveu qui s'invite lui-même,
et une comtesse, dont le carosse s'est brisé sur les mauvaises
routes que M. Bernard n'a pas fait réparer dans l'espoir
de décourager les visites. Arrivent ensuite une troupe
de chasseurs du voisinage, ainsi que des cousins qui s'installent
comme chez eux. Excédé par le sans-gêne de
ces hôtes, M. Bernard a l'idée de transformer sur
le champ sa maison en auberge, ce qui a pour résultat
d'en chasser les indésirables; toutefois, il découvre
avec stupeur que l'un des premiers clients n'est autre que l'amant
de sa fille Marianne, Eraste, à qui il avait
interdit l'accès de son logis. Alors que certains des
fâcheux éconduits par M. Bernard le menacent de
représailles, Eraste se propose d'arranger les choses
par l'entremise de son père, qui possède de puissantes
alliances, à condition qu'on lui accorde la main de Marianne.
M. Bernard consent et persuade le jeune homme de lui racheter
la maison de campagne où il refuse de demeurer plus longtemps.
Prototype des «dancourades» selon Blanc, cette comédie
déplace à la campagne un personnel dramatique qui
évolue normalement dans un cadre urbain. Ces «élites
mixtes» où les grands bourgeois frayent avec une
petite noblesse plus ou moins parasite se trouvent là
manifestement hors de leur élément, avec de prévisibles
effets comiques (mais on notera que les gens du cru, destinés
à jouer un rôle toujours plus important dans la
comédie de village de Dancourt, restent encore invisibles).
L'auteur revient ici à la structure itérative qu'il
avait déjà employée dans Les Nouvellistes
de Lille, et en se rapprochant beaucoup des Fâcheux.
Le Marchand
duppé. Monsieur
D*** [Fatouville]. 3 a. (1er sept.). Théâtre
Italien 2.
La
Folie d'Octave.
Comédie-Italienne (2 nov.).
haut
1689
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OEuvres lyriques et ballets
Le
Palais de Flore.
Genest [Beauchamps?], mus. de Delalande (Trianon, 5 jan.).
Thétis
et Pélée.
Fontenelle, mus. de Colasse (11 jan.).
Esther. Racine, mus. de Jean-Baptiste Moreau
(Saint-Cyr, 26 jan.).
______________________________________________________________________________
Tragédie
Laodamie, reine d'Epire. Mlle Bernard (11 fév.).
Démétrius. Aubry des Carrières (10 juin).
______________________________________________________________________________
Comédie
La
Dame à la mode
(ou La
Coquette). Dancourt.
5 a. (3 jan.).
Colombine
femme vengée
(ou La
Femme vengée).
M. D*** [Fatouville]. 3 a. (15 jan.). Théâtre
Italien 2.
Le
Docteur de verre.
Bertrand (Marionnettes), foire Saint-Germain.
La
Descente de Mezzetin aux Enfers. Regnard. 3 a. (5 mars). Théâtre
Italien 2.
Mezzetin doit se rendre aux Enfers pour se mesurer à
Orphée dans une joute musicale. Au passage, il
fait la cour à Isabelle, à qui il propose
même, pour ôter tout obstacle à leur amour,
d'empoisonner son mari ainsi que sa propre femme, Colombine;
mais cette dernière le surprend et le rosse. Arrivé
aux Enfers, Mezzetin s'entend dire par Colombine déguisée
que c'est lui qui est cocu. Devant Pluton, Isabelle supplie
qu'on lui rende son époux défunt, alors que Colombine
se lance dans une diatribe contre les abus des maris, et n'accepte
de reprendre Mezzetin que s'il jure de la traiter avec plus d'égards.
Pluton autorise tous les veufs à reprendre leurs épouses
et ordonne que toutes les femmes, y compris la sienne, Proserpine,
soient rendues au monde des vivants.
La mythologie burlesque, les effets spéciaux font ici
bon ménage avec une thématique «féministe»
déjà perceptible dans Le Divorce.
Les
Fontanges maltraitées, ou les vapeurs. Baron. 1 a. (11 mai).
La
Répétition.
Baron. 1 a. (10 juil.).
Mezzetin
Grand Sophy de Perse.
Monchesnay. 3 a. (10 juil.). Théâtre Italien
2.
Le
Veau perdu. La
Fontaine [Champmeslé], mus. de Grandval. 1 a. en prose.
(22 août).
Le
Concert ridicule.
Brueys et Palaprat. 1 a. en prose (14 sept.). Paris, Guillain,
1694.
On trouve dans cette première collaboration du tandem
méridional une intégration de passages chantés
(et une parodie des Fêtes de l'Amour et de Bacchus
de Quinault et Lully) sans doute inspirée de la manière
de Dancourt.
Le
Débauché.
Baron. 5 a. (6 déc.)
haut
1690
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OEuvres lyriques et ballets
Orphée. Du Boulay, mus. de Louis et J.-L.
Lully (21 fév.).
Enée
et Lavinie. Fontenelle,
mus. de Colasse (7 jan.).
______________________________________________________________________________
Tragédie
Adrien. Campistron (11 jan.).
Agathocle. Aubry des Carrières (10 mai).
Valérien. Riupeirous (22 nov.).
Brutus. Mlle Bernard (18 déc.).
______________________________________________________________________________
Comédie
L'Homme
à bonne fortune
(ou Arlequin,
homme à bonne fortune).
Regnard. 1 a. (10 jan.). Théâtre Italien
2.
Arlequin, ancien valet, courtise les femmes du beau monde
sous le nom de vicomte de Bergamotte. L'une de ses conquettes,
Colombine, espère bien s'en faire épouser
en dépit des critiques acerbes de sa soeur Isabelle.
D'autre part, leur père Brocantin veut se remarier
et donner Isabelle au Docteur.
Arlequin est arrêté pour malversation alors qu'il
venait rendre visite à Colombine, mais cette dernière
lui offre ses bijoux pour payer la caution. De son côté,
Isabelle se travestit en homme pour faire croire au Docteur qu'elle
a un amant et le faire fuir. Arlequin, costumé en potentat
oriental, fait alors une entrée spectaculaire et demande
la main de Colombine pour lui-même et celle d'Isabelle
pour Octave, qu'il fait passer pour un noble de son pays;
Brocantin, fort impressionné, accepte.
Les
Fables d'Esope
(ou
Esope à la ville).
Boursault. 3 a. en vers (18 jan.). Paris, Girard, 1690.
Esope, qui jouit d'un grand crédit auprès
du roi Cyrus, est amoureux d'Ephrosine, fille du gouverneur
de Sixique, Léarque. Ce dernier veut donner la
jeune fille en mariage au fabuliste pour profiter de son influence,
et bien qu'Ephrosine, amoureuse d'Agénor, ait pour
ce vieillard difforme une aversion marquée. La suivante
Doris tente en vain d'amener Esope à prendre contre
son propre intrérêt le parti d'Ephrosine, en faisant
valoir combien peu assortie serait son union avec un homme vieux
et contrefait.
Agénor ayant plaidé sa cause auprès de Léarque,
Esope sonde le gouverneur pour savoir les motifs de sa préférence;
ce dernier lui avoue que c'est l'espoir d'obtenir quelque faveur
à la cour qui le pousse à écarter le jeune
homme, prétendant apparemment idéal. Léarque
reste insensible aux raisonnements de Doris. Esope, de son côté,
met à l'épreuve l'amour d'Euphrosine pour Agénor
en la forçant à défendre celui-ci contre
ses arguments de bon sens. Agénor décide alors
de confronter Esope en personne pour le forcer à céder
la place. Devant l'intransigeance de ce dernier, il menace de
se donner la mort plutôt que de perdre son amante.
Lorsque Euphrosine demande à Esope de vouloir au moins
repousser leur noces, le fabuliste ne lui accorde que deux jours
de grâce, se déclarant impatient de consommer leur
union. Alors que Léarque s'apprête à faire
célébrer le mariage, Esope annonce qu'il se désiste
en faveur d'Agénor, ayant pu vérifier la sincérité
de l'amour des jeunes gens, et convaincu que son rival sera un
meilleur mari que lui.
L'intérêt de cette
comédie tient surtout à la cheville des fables
qu'Esope «place» à chaque fois: à Hortense,
un bas bleu qui s'estime supérieure à tout son
entourage (I, 6), Le Rossignol; à deux vieillards
qui se plaignent de leur gouverneur (II, 3), Les Membres et
l'estomac; à Pierrot, paysan enrichi qui veut s'acheter
une charge (II, 4), Les Deux Rats; à M. Doucet,
généalogiste qui se fait fort de «retrouver»
un lignage ancien moyennant finances (III, 4), Le Corbeau
et le Renard; à Aminte, femme aux moeurs dissolue
qui s'inquiète de la moralité de sa fille (III,
5), L'Ecrevisse et sa fille; à Albione, veuve prodigue
qui espère obtenir du roi une riche dot pour ses filles
(IV, 3) La Grenouille et le boeuf; à M. Furet,
huissier qui voudrait une prime pour avoir donné quatorze
enfants à l'Etat (IV, 5), Les Colombes et le vautour;
à Pierrot et Colinette, qui se plaignent des abus de leur
seigneur (V, 3), Le Loup et l'agneau; et à deux
comédiens qui prétendent donner constamment des
spectacles nouveaux (V, 4), La Montagne qui accouche.
La pièce permet surtout à Boursault de formuler
une éthique du bon officier, serviteur désintéressé
du roi et de l'Etat, tout en critiquant la vénalité
des charges et des offices, les abus de pouvoirs des gouverneurs
et des petits seigneurs, et les prétentions nobiliaires
des parvenus. Après un début incertain, la pièce
connut un immense succès: la part de Boursault (3291 francs
et 7 sous) fut la plus élevée pour un dramaturge
de XVIIe siècle après celle de Corneille et De
Visé pour La Devineresse, et Esope détient
le record des représentations (48 d'affilée) à
la Comédie-Française pour les années 1680-1700.
De tels résultats l'encouragèrent Boursault à
composer une deuxième comédie avec le même
héros, Esope à la cour (1701).
La
Critique de l'Homme à bonne fortune. Regnard. 1 a. (1er mars). Théâtre
Italien 2.
La
Folle enchère.
Dancourt [et Mme Ulrich]. 1 a. en prose (30 mai). Paris, Vve
Gontier, 1691.
Eraste aime Angélique, mais sa mère,
Mme Argante, s'oppose à leur mariage. La jeune
fille a alors l'idée de se travestir en homme et réussit
à séduire Mme Argante, qui n'hésite pas
à verser trois mille livres au belliqueux Pharnabasac
pour protéger son bien-aimé d'un duel. En réalité,
le gascon n'est autre que Merlin, valet d'Eraste, et la
somme est destinée à un notaire marron qui a promis
d'aider les jeunes gens. Arrive alors une certaine Mme de la
Thibaudière, affirmant que le jeune beau lui a été
promis en mariage, et qu'un arrangement a en outre été
conclu pour que son neveu épouse la soeur de celui-ci.
Mme de la Thibaudière est en réalité un
autre valet d'Eraste, Champagne; et l'histoire a été
inventée pour que Mme Argante soit poussée à
favoriser l'union de son fils avec la soeur de son amoureux,
dans l'espoir de conserver ce dernier. Eraste fait mine de se
résoudre à ce marché et le notaire soudoyé
vient pour régler l'affaire. Lorsque Merlin refait son
entrée, cette fois-ci dans le rôle du père
du jeune homme, Mme Argante se voit forcée de conquérir
son amoureux aux enchères contre la prétendue Mme
de la Thibaudière. Le contrat signé, Angélique
prend congé sous le prétexte d'aller faire signer
sa soeur; il ne lui reste plus alors qu'à parapher le
document elle-même.
Le
Ballet extravagant.
Palaprat. 1 a. en prose (21 juin). Paris, Guillain, 1694.
Première pièce
de Palaprat seul, elle fait une large place au chant, au ballet
et à la parodie d'opéra.
L'Eté
des coquettes.
Dancourt. 3 a. en prose. (12 juil.) Paris, Vve Gontier, 1691.
Angélique, jeune coquette, est courtisée
par un maître de chant, un abbé, un financier, et
Clitandre, son favori, qui l'a quittée il y a un
mois pour aller à la guerre. Cependant, son amie Cidalise,
qui aime également l'officier, affirme l'avoir vu à
peine deux semaines plus tôt, alors que la vieille comtesse
de Martin-Secq prétend avoir passé la soirée
avec lui la veille même. Clitandre revient voir Angélique,
qui le dénonce comme infidèle et imposteur; Cidalise
et Angélique, désabusées, abandonnent le
jeune homme, qui réussit néanmoins à obtenir
le pardon de la comtesse à condition de rester avec elle.
Les
Bourgeoises de qualité.
Hauteroche. 5 a. en vers (26 juil.). Paris, Vve Gontier, 1691.
Merlin
déserteur.
Dancourt. 1 a. (8 août)
Le
Cadet de Gascogne.
5 a. (21 août)
Les
Filles errantes, ou les intrigues des hôtelleries. Regnard. 3 a. (24 août). Théâtre
Italien 3.
Le
Secret révélé. Brueys et Palaprat. 1 a. en prose (13 sept.).
OEuvres de théâtre de Brueys, Paris, Ribou,
1735.
Merlin
Gascon. Raisin
l'aîné. 1 a. en prose (7 oct.). Publiée dans
Five French Farces, éd. H. C. Lancaster, Baltimore,
Johns Hopkins, 1937.
La
Fille sçavante.
Monsieur D*** [Fatouville]. 3 a. (18 nov.). Théâtre
Italien 3.
Le
Carnaval de Venise.
Dancourt. 5 a. en prose et en vers (29 déc.).
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