L'analyse
de la phrase: sujet et prédicat
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Une
analyse consiste à mettre en évidence
les éléments qui constituent un ensemble
cohérent.
Une phrase est constituée par
des propositions (la phrase simple n'en contient qu'une seule)
formées par l'association d'un sujet
(ce dont la phrase traite;
ce dont il est question; «être ou objet dont quelque chose
est affirmé ou nié» (Wilmet)) et d'un prédicat
(ce que la phrase dit
sur le sujet), lequel inclut généralement un verbe
et ses compléments.
Le sujet peut se présenter
sous la forme d'un mot unique, nom ou pronom,
ou d'un groupe nominal (ou «syntagme nominal»)
formé d'un nom, d'un déterminant
et d'un ou plusieurs adjectifs [voir le tableau des
catégories grammaticales]:

Le
prédicat peut se présenter sous la
forme d'un verbe, seul ou accompagné d'un
complément d'objet direct ou indirect, auquel
on rajoutera éventuellement des compléments
circonstanciels. On peut représenter ainsi ce découpage.

Ici, le
prédicat (ou «syntagme prédicatif») est
composé au minimum du verbe et du COD, car la phrase «Le
président a prononcé» est impossible; «à
l'assemblée nationale» est un groupe nominal complément
circonstanciel de lieu du verbe «prononcer». Certains
verbes qui n'exigent pas—ou excluent (verbes intransitifs)—le
complément d'objet peuvent constituer entièrement le
prédicat: «Le président
a démissionné».
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On
peut rajouter d'autres compléments, tant au groupe sujet qu'au
groupe prédicatif, sans changer la structure de la phrase:
«Le
film original d’un concert de Jimi Hendrix en 1969 à
Stockholm a été retrouvé par hasard cet été
dans les archives de la chaîne de télévision
publique suédoise SVT.»

En
dépit du nombre de constituant, ceci reste un phrase
simple, puisqu'elle ne comporte qu'un seule verbe conjugé.
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Le
schéma ci-dessus n'est qu'une des nombreuses manières
possibles de représenter le résultat de l'analyse;
on peut aussi utiliser une structure «en arbre» (modèle
de la grammaire générative), par «emboîtements»
(modèle de la grammaire distributionnelle) ou encore, plus
classiquement, une liste des composantes indiquant leur nature et
leur fonction.
Ce type d'analyse marche bien avec
les phrases simples (comme celle de l'exemple ci-dessus) ou les
phrases complexes dont la structure syntaxique reste dans le cadre
d'un modèle prototypique—en français, Sujet-Verbe-Objet
(SVO). Mais certaines phrases parfaitement grammaticales, surtout
à l'oral, se révèlent particulièrement
problématiques à analyser:
«Moi,
vous savez, le champagne, hein, à part dans les grandes
occasions, je ne suis pas un inconditionnel.»
«Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.» (La
Fontaine, «Les Animaux malades de la peste.»)
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Phrases
elliptiques
Certaines
phrases sont seulement formées d'un seul de ces constituants
(groupe nominal ou prédicatif, ; pour les analyser, on considère
que les constituants manquants sont implicites et ont été
omis:
—Où
vas-tu?
—Au restaurant. [Je vais au restaurant.]
—Qu'est-ce que tu voudrais manger?
—Une pizza. [Je voudrais manger
une pizza.]
—Quelle est ton restaurant préféré?
—«Don Corleone» [«Don Corleone»
est mon restaurant préféré.]
—Quelle est leur meileure pizza, à ton avis?
—Chorizo. [Leur meilleure pizza est celle au
chorizo.]
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Le
sujet «logique», ou
Thème
L'analyse
du sujet comme «ce dont la phrase traite» ne correspond
pas toujours à la structure grammaticale. Au sens strictement
grammatical, on appelle «sujet» ce qui accomplit l'action
ou le procès désigné par le verbe: «Paul
mange une pomme» (action) «Paul mesure
1m78» (procès). Note:
En français, la présence d'un sujet grammatical est
obligatoire, sauf à certaines formes de l'impératif
(deuxième personne et première personne du pluriel:
«Viens ici!»; «allons au marché!»;
«Prenez place!») de l'infinitif et du participe.
Du point de vue du sens (et non de la structure),
on parlera donc de «sujet logique» ou thème,
qui peut être constitué par n'importe quelle composante
de la phrase par effet de topicalisation:
- C'est
de la pizza que je veux manger.
- Un
jour, je serai riche.
- Libres
nous sommes, et libres nous resterons.
- Il
y a des détails dont je ne parlerai pas.
Note:
La topicalisation est fréquemment soulignée par diverses
formes de focalisation, y compris les formules «Il
y a ... que...» et «C'est .... que...», indispensables
en français où une focalisation purement intonative
n'est souvent pas possible. Comparer:
Anglais:
«He gave it to me.» (focalisation réalisée
à l'oral par une accentuation du mot (glissando mélodique))
Français: «C'est à moi qu'il
l'a donné.» (focalisation réalisée à
la fois par un moyen syntaxique et par l'accentuation de «moi»
qui devient le nucleus intonatif de la phrase.)
Dans
le cadre d'une logique des propositions, et non de la structure syntaxique,
l'analyse de la phrase dégage alors deux constituants: le thème
(sujet logique) et le rhème, ou commentaire.
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Sujet
grammatical «apparent» et «réel»
Il
arrive que le sujet grammatical ne soit pas ce qui accomplit l'action
ou le procès désigné par le verbe; en français,
le cas le plus fréquent est celui des verbes dits «impersonnels»,
où le pronom «il» qui sert de sujet ne renvoie
à rien: «Il pleut», «il manque un étudiant».
Dans le second exemple, on dit que «un étudiant»
est le sujet réel du verbe «manquer»,
tandis que «il» en est le sujet apparent.
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