
L'«Heure
de la France»
|
Lors
de la Renaissance (XIVe - XVe siècles),
c'est l'Italie qui avait dominé l'Europe culturellement
et économiquement. Au XVIe
siècle, le centre de gravité se déplace vers
la péninsule ibérique qui profita des récentes
explorations en Amérique pour créer les premiers
grands empires coloniaux de l'époque Moderne. L'afflux
des richesses rehaussait encore l'éclat du siglo
de oro espagnol, qui vit à la fois un épanouissement
artistique considérable et une hégémonie
politique de la maison des Hapsbourg au niveau européen.
(voir la carte)
Lors du premier tiers du XVIIe
siècle, c'est désormais la France qui s'affirme
comme première puissance du vieux continent, dont elle
est le pays le plus peuplé avec environg vingt millions
d'habitants. Par la négociation, et surtout par la guerre,
son territoire métropolitain ne cesse de croître—à
la fin du règne de Louis XIV, il est déjà
très proche de l'«hexagone» actuel avec ses
«frontières naturelles» (mers et océans,
Rhin, Alpes et Pyrennées)—et se complète de
la Nouvelle France, colonie encore mal explorée qui couvre
les deux tiers des Etats-Unis et une bonne partie du Canada actuels.
On peut faire débuter ce
«Grand Siècle» en 1643, année de la
mort de Louis XIII et de l'intronisation de son fils, mais aussi
de la bataille de Rocroi (1643)1,
qui marque la nouvelle suprématie militaire française
aux dépends des Espagnols; on peut en fixer le terme en
1763, lorsque le traité de Paris met fin à la guerre
de Sept Ans qui opposait la France à l'Espagne, au Portugal
et surtout à l'Angleterre2,
laquelle reçoit en partage la plupart des territoires de
la Nouvelle France et s'affirme comme la puissance dominante,
sur les plans économique, militaire et même culturel,
puisque l'anglomanie, soutenue par les «philosophes»,
se propage rapidement en France.
Durant ces deux siècles, la culture et la langue françaises,
très largement diffusées dans les élites
européennes et jusqu'en Russie, servent de référence.
Partout on construit des châteaux sur le modèle de
Versailles, on joue ou on adapte les pièces de théâtre
et les opéras français; partout, les gens cultivés
parlent le français, qui devient ainsi une sorte de vernaculaire
européen, et restera longtemps celui des diplomates. Cette
influence énorme se fera encore sentir même lorsque
la France aura perdu son importance sur l'échiquier politique
international.
Notes
1. Cette bataille décisive fait partie
de la Guerre de Trente Ans. Voir Hérodote
2. Voir Hérodote.
De nombreux conflits avaient émaillé la rivalité
entre les deux nations à partir de l'avènement au
trône britannique de Guillaume III d'Orange (1689), souverain
protestant qui au terme de la Glorious Revolution remplaçait
Jacques II Stuart, monarque aux sympathies catholiques très
proche de Louis XIV. |
|
|
|